Réserves des plateformes d'échange
Total de BTC sur les plateformes d'échange
- Source
- Coin Metrics
Ce que mesure cet indicateur
Ce graphique estime le nombre total de bitcoins détenus sur les adresses des plateformes d’échange, exprimé en millions de BTC. Coin Metrics additionne les soldes des portefeuilles chauds et froids qu’elle attribue aux plateformes qu’elle suit. Le chiffre se lit en regard de l’offre en circulation : il indique quelle part des bitcoins existants est confiée à un intermédiaire qui en contrôle les clés.
Une estimation fondée sur l’étiquetage d’adresses
Rien sur la blockchain n’indique qu’une adresse appartient à une plateforme. Les fournisseurs de données construisent leurs propres listes, à partir d’heuristiques d’analyse de chaîne et des informations publiées par les plateformes elles-mêmes. Chaque fournisseur a sa méthode et sa couverture, et leurs chiffres peuvent nettement diverger pour une même date.
Quand une plateforme est nouvellement identifiée, ses bitcoins apparaissent d’un coup dans la série alors qu’ils étaient déjà là. Quand elle déplace ses réserves vers des adresses encore inconnues, ils semblent disparaître. Les marches brutales relèvent donc souvent de la méthode, pas du comportement des utilisateurs. Enfin, le solde ne dit rien des dettes : une plateforme peut détenir beaucoup de bitcoins sans détenir tous ceux qu’elle doit.
Une baisse n’est pas toujours un retour à la self-custody
Des soldes en baisse sont souvent lus comme des bitcoins qui repartent en self-custody, sur des portefeuilles dont les utilisateurs détiennent les clés. C’est une partie de l’histoire seulement. Depuis l’approbation des ETF bitcoin spot aux États-Unis en janvier 2024, une partie des sorties pourrait simplement rejoindre les dépositaires de ces fonds, dont les adresses ne sont pas forcément classées comme celles de plateformes. Le porteur d’une part d’ETF, lui, ne contrôle aucune clé.
« Not your keys, not your coins » : la formule rappelle qu’un bitcoin laissé sur une plateforme n’est qu’une créance sur celle-ci. Mt. Gox l’avait montré en 2014. L’effondrement de FTX en novembre 2022 l’a rappelé à grande échelle : les retraits ont été suspendus et les clients sont devenus des créanciers dans une procédure de faillite. Plusieurs grandes plateformes ont ensuite publié des preuves de réserves, sans toujours prouver l’état de leurs engagements.
La garde a aussi une dimension de surveillance. Un bitcoin acheté sur une plateforme régulée est rattaché à une identité vérifiée par le KYC. Depuis le 1er janvier 2026, la directive européenne DAC8 impose en plus aux prestataires de transmettre aux autorités fiscales les données d’identité et de transactions de leurs utilisateurs.
Retirer ses bitcoins d’une plateforme supprime le risque de contrepartie. La trace de leur achat, elle, demeure.