Répartition des pools de minage
Part des blocs minés par pool (12 derniers mois)
- Source
- mempool.space
Ce que mesure cet indicateur
Ce graphique classe les pools de minage selon leur part des blocs trouvés au cours des 12 derniers mois, d’après mempool.space. Un pool regroupe la puissance de nombreux mineurs pour lisser leurs revenus : au lieu d’attendre de trouver seul un bloc, ce qui peut prendre des années à un petit opérateur, chacun reçoit une rémunération régulière proportionnelle à sa contribution. Seuls les 15 premiers pools sont affichés, la somme des parts n’atteint donc pas forcément 100 %.
Une attribution, pas un registre
Aucun pool ne déclare officiellement les blocs qu’il a minés. mempool.space attribue chaque bloc en lisant l’étiquette que les pools inscrivent dans la transaction coinbase, celle qui verse la récompense, et en reconnaissant leurs adresses de paiement connues. La méthode fonctionne bien pour les grands noms, mais reste imparfaite : un pool peut changer d’étiquette ou ne pas en mettre, et les blocs non identifiés sont regroupés sous « Unknown ».
Surtout, une étiquette ne dit rien de l’infrastructure réelle. Le chercheur 0xB10C a comparé les modèles de blocs que plusieurs pools envoient à leurs mineurs : certains, affichés comme distincts, semblaient se contenter de relayer ceux d’AntPool. Comme ils gardent leur propre étiquette, ce regroupement reste invisible sur la chaîne. La fenêtre de 12 mois lisse aussi les mouvements récents : un déplacement de puissance de quelques semaines n’y apparaît qu’en partie.
Des coordinateurs, pas des propriétaires
Un pool ne possède pas la puissance qu’il affiche. Les machines appartiennent à des opérateurs qui peuvent changer de pool en quelques minutes. En 2014, quand GHash.io s’est approché de la moitié du hashrate, une partie des mineurs l’a quitté.
Le pouvoir des pools se situe ailleurs : ce sont eux qui construisent le modèle de bloc, la liste des transactions que les mineurs vont hacher. Avec le protocole Stratum, encore utilisé par la plupart des pools, le mineur reçoit ce travail sans pouvoir le modifier. Un pool qui décide d’écarter certaines transactions, sous pression réglementaire par exemple, le fait donc pour toute la puissance qu’il coordonne. En 2021, le pool de Marathon a brièvement produit des blocs filtrés selon les listes de sanctions américaines (OFAC), avant de faire marche arrière.
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Stratum V2 propose une autre répartition des rôles. Il permet aux mineurs de choisir eux-mêmes les transactions de leurs blocs, le pool se contentant de mutualiser le risque et de répartir les récompenses. Son déploiement reste pour l’instant limité.
Le point le plus sensible n’est pas qu’un pool franchisse un jour 50 %. C’est que le choix des transactions reste concentré entre les mains de quelques sociétés, et donc des juridictions où elles opèrent.