Revenus des mineurs
BTC gagnés chaque jour par les mineurs (subvention + frais)
- Source
- Coin Metrics
Ce que mesure cet indicateur
Ce graphique additionne, jour par jour, tout ce que les mineurs de Bitcoin ont gagné, en BTC : les bitcoins nouvellement émis par la subvention de bloc et l’ensemble des frais de transaction. C’est le revenu de tout le secteur du minage, avant ses coûts, selon les données de Coin Metrics. On l’appelle souvent le budget de sécurité de Bitcoin : ce qui est versé chaque jour pour que des mineurs engagent leur puissance de calcul.
Comment lire les revenus des mineurs
Une journée compte en moyenne 144 blocs, un toutes les 10 minutes. Entre le halving d’avril 2024 et le suivant, la subvention seule représente donc environ 450 BTC par jour, deux fois moins qu’entre 2020 et 2024. Ce plancher varie pourtant avec le nombre de blocs : quand de nouvelles machines se branchent, les blocs arrivent plus vite jusqu’au prochain ajustement de la difficulté, et le revenu quotidien gonfle d’autant.
Le graphique est en BTC, pas en dollars : il montre ce que le protocole et les utilisateurs versent aux mineurs, indépendamment du cours. Or l’électricité et les machines se paient en monnaie fiat : un revenu divisé par 2 au halving peut être compensé par une hausse du prix, ou pas. La rentabilité d’une machine se lit plutôt dans le hashprice.
Le budget de sécurité, un débat ouvert
Tous les 4 ans environ, le halving coupe ce revenu d’un coup. La subvention tend vers zéro d’ici 2140 : à terme, seuls les frais rémunéreront les mineurs. Toute la question est de savoir s’ils suffiront.
Les pics de frais montrent que c’est possible, ponctuellement. Fin 2017, au printemps 2023 avec les Ordinals et les jetons BRC-20, puis en avril 2024 avec le lancement des Runes au bloc 840 000, les frais ont pesé lourd dans les revenus quotidiens. Mais ces vagues sont à chaque fois retombées, et la subvention a repris l’essentiel.
🪙 Que se passera-t-il si Bitcoin échoue à devenir une monnaie ?
Pour certains, la demande d’espace de bloc augmentera avec l’adoption, portée par des transactions de forte valeur et par les layer 2 qui règlent leurs opérations sur la chaîne. D’autres craignent qu’un revenu fait uniquement de frais, par nature irrégulier, fragilise la sécurité : des chercheurs de Princeton ont montré dès 2016 qu’un tel régime pourrait inciter des mineurs à réécrire un bloc récent pour en capter les frais. Quelques voix, très minoritaires, évoquent une émission perpétuelle à la manière de Monero, ce qui reviendrait sur le plafond de 21 millions.
Le point le plus sensible reste l’usage réel de la chaîne : si l’activité migre vers des plateformes custodiales et des ETF qui n’y touchent jamais, ce sont aussi les frais censés financer la sécurité qui s’évaporent.