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Souverainté

Qu'est-ce que Nostr ? Tout savoir sur ce protocole dédié aux réseaux sociaux décentralisés

Nostr est un protocole véritablement décentralisé servant de base à la création d’un nouveau genre de réseaux sociaux. Grâce à une architecture novatrice, ce protocole permet aux utilisateurs de contrôler leurs données et de résister à la censure, sans dépendre de serveurs centralisés. Ce que le Web3 avait promis, mais n’a pas accompli, Nostr le réalise.

Qu'est-ce que Nostr ? Tout savoir sur ce protocole dédié aux réseaux sociaux décentralisés

Découvrez en vidéo comment fonctionne le protocole Nostr et ce qu'il représente pour la souveraineté numérique.

Pourquoi avons-nous besoin de réseaux sociaux résistants à la censure ?

Si Bitcoin n'est pas encore massivement adopté, c'est principalement parce que la plupart des gens dans le monde ne mesurent pas pleinement l'importance de détenir une réserve de valeur résistante à la censure.

La plupart des gens, en particulier dans les pays occidentaux, n'ont en effet jamais vraiment subi de censure ciblée sur leurs échanges monétaires. Même lorsque Bitcoin leur est présenté comme un actif rare qui préserve sa valeur dans le temps, ceux qui ne connaissent pas le BTC répondent souvent que l'or ou les actions remplissent déjà cette fonction.

Pourtant, la véritable valeur ajoutée de Bitcoin tient à sa décentralisation et à sa résistance à la censure, avant même la rareté du BTC.

Par ailleurs, l'orientation des politiques occidentales, en particulier aux États-Unis, au Canada et en Europe, tend vers un environnement de contrôle excessif et de censure accrue, qui vise certaines personnes en raison des opinions qu'elles expriment, des personnes qu'elles fréquentent ou des activités qu'elles exercent.

Voici quelques exemples de mesures liberticides prises par des gouvernements qui se présentent comme des démocraties :

  • Julian Assange : poursuivi pour avoir révélé des secrets d'État via WikiLeaks ;
  • Edward Snowden : contraint à l'exil après avoir dévoilé des programmes de surveillance de masse aux États-Unis et au Royaume-Uni ;
  • La manifestation des camionneurs canadiens : répression des manifestations contre les mesures liées au COVID-19 ;
  • Chat Control : projet européen de surveillance des communications privées ;
  • Les restrictions pendant la crise du COVID : des mesures strictes qui ont limité les libertés individuelles ;
  • L'arrestation des développeurs de Tornado Cash : incarcérés pour avoir créé un outil de confidentialité sur la blockchain Ethereum ;
  • L'arrestation des développeurs de Samourai Wallet : incarcérés pour avoir créé un outil de confidentialité sur la blockchain Bitcoin ;
  • L'arrestation du fondateur de Telegram : une oppression pour avoir créé une messagerie sécurisée ;
  • Les monnaies numériques de banque centrale (CBDC) : présentées par certains banquiers centraux comme un outil de contrôle ;
  • La disparition progressive des espèces : une réduction de l'anonymat des transactions, qui reposent alors exclusivement sur des tiers (banques, Visa, Mastercard, etc.).

Cette liste n'a pas pour but de vous effrayer, mais de vous faire prendre conscience que la censure, souvent dénoncée en cours d'histoire à propos de l'URSS ou dans les médias traditionnels à propos du régime chinois, existe aussi en Occident et semble s'intensifier avec le temps.

Même si vous pensez n'avoir rien à cacher et que vous êtes convaincu que le gouvernement actuel ne vous censurera pas, gardez à l'esprit que le prochain pourrait utiliser les outils déjà en place, instaurés au nom de la protection des citoyens, pour vous censurer.

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Le monde a donc un besoin crucial d'infrastructures de communication à la fois résistantes à la censure et respectueuses de la vie privée.

D'un côté, elles protégeraient les utilisateurs des abus des géants de la tech (Big Tech), dont l'activité principale consiste à vendre votre attention aux marques et à collecter vos données, en les empêchant de les revendre sans votre consentement.

De l'autre, elles empêcheraient un gouvernement ou une entreprise d'utiliser ces informations contre vous, au risque de compromettre votre liberté d'expression ou de porter atteinte à votre dignité.

En 2021, le journaliste Damien Bancal a révélé que les données personnelles de 39 millions de Français, dont leurs prénoms, noms, adresses postales et numéros de téléphone, étaient en vente sur le dark web. Ces informations s'y retrouvent à cause de fuites de données provenant des applications que nous utilisons au quotidien, y compris celles gérées par des institutions publiques.

Pour toutes ces raisons, un système monétaire incensurable comme Bitcoin devient indispensable à notre société. Il en va de même pour un outil sécurisé d'expression, d'échange de messages et de partage d'informations, et c'est pour répondre à ce besoin qu'émerge le protocole Nostr.

Comment fonctionne Nostr, le protocole qui réalise le rêve du Web3 ?

Plusieurs protocoles qui permettent de créer des réseaux sociaux basés sur une blockchain, et censés être décentralisés, existent depuis plusieurs années, comme Lens Protocol, Farcaster ou Friend.tech.

Malgré leurs bonnes intentions, ces protocoles et ces réseaux sociaux dépendent au final de la blockchain sur laquelle ils fonctionnent, de son adoption et de sa capacité à passer à l'échelle.

Sur Ethereum comme sur ses layer 2, ces réseaux sont déjà largement exposés à la censure. Près de 50 % des blocs d'Ethereum respectent ainsi les standards de l'Office of Foreign Assets Control (OFAC), une agence américaine qui impose des sanctions économiques et commerciales alignées sur les objectifs de la politique étrangère des États-Unis.

Même Bitcoin, la blockchain la plus résistante à la censure, ne serait pas adapté pour faire tourner un réseau social, faute de scalabilité suffisante.

Comment fonctionne le protocole Nostr ?

Nostr, pour « Notes and Other Stuff Transmitted by Relays », est un protocole qui, comme son nom l'indique, permet de transmettre des notes et toutes sortes de contenus via un réseau de relays, des serveurs relais qui reçoivent, stockent et diffusent les messages.

Le terme « Notes » désigne tout type de message écrit, comme ceux que l'on trouve sur des réseaux tels que X (anciennement Twitter). Quant à « Other Stuff », cette expression très large traduit la grande flexibilité du protocole.

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Grâce à un fonctionnement fondé sur des relays et des clients, que nous détaillons plus loin dans cet article, il n'y a pratiquement aucune limite aux types de contenus qui peuvent être partagés sur Nostr.

Les relays jouent un rôle clé dans la décentralisation du réseau et dans sa résistance à la censure. Avec Nostr, chaque utilisateur peut créer son propre relay pour stocker ses propres données, celles de ses proches ou celles d'autres utilisateurs. La décentralisation et la scalabilité du réseau dépendent donc du nombre et de la qualité de ces relays.

Nostr est un protocole, pas une plateforme

Nostr se présente comme un protocole simple à utiliser, qui rend aux utilisateurs le contrôle de leurs données. Les notes sont signées numériquement, horodatées et vérifiées grâce à des clés publiques, ce qui garantit leur authenticité.

En plus d'offrir à ses utilisateurs la souveraineté sur leurs données, la communauté Nostr est particulièrement consciente de l'influence des réseaux sociaux dominants, qui exploitent notre attention pour afficher des publicités et collectent nos données à des fins commerciales.

Certains clients Nostr (les réseaux sociaux construits sur le protocole) pourraient eux aussi exploiter nos données, mais les utilisateurs restent libres de les utiliser ou non. Ces clients sont donc bien plus respectueux de notre vie privée que les réseaux sociaux populaires, et par conséquent moins attractifs pour les annonceurs.

Nostr incarne le vrai Web3

À l'aube d'Internet, la première version du Web permettait surtout aux utilisateurs de lire les informations publiées par les créateurs de sites.

Avec l'arrivée des blogs puis des réseaux sociaux, Internet a évolué vers ce que l'on appelle aujourd'hui le Web2, qui permet aux utilisateurs de lire, mais aussi d'écrire et de publier du contenu.

L'avènement de Bitcoin et des cryptomonnaies a suscité un engouement autour de la « technologie blockchain », présentée comme une révolution qui offrirait aux utilisateurs la possibilité de lire et d'écrire, mais aussi de posséder leurs données et leurs actifs numériques grâce aux jetons non fongibles (NFT). C'est ce que l'on appelle le Web3.

Mais la réalité du terrain, le trilemme de la blockchain, la centralisation progressive d'Ethereum et celle, plus forte encore, de réseaux alternatifs comme Polygon ou Solana ont essoufflé le véritable récit du Web3, celui qui défendait la décentralisation.

En prenant ses distances avec la « technologie blockchain », Nostr cherche à dépasser le rêve du Web3 et rappelle qu'une blockchain n'est qu'une structure de données.

Plutôt que de se bercer d'illusions en intégrant une cryptomonnaie à la tokenomics douteuse, Nostr confie la souveraineté et la décentralisation du réseau à ses utilisateurs. Il utilise la cryptographie de manière ingénieuse, ce qui lui permet d'accomplir ce que le Web3 a toujours espéré devenir.

Les relays de Nostr

Nostr est simplement un protocole, c'est-à-dire un ensemble de règles qui permettent d'échanger des messages sur Internet de manière structurée, en s'appuyant sur des relays.

Ces relays, déployés par les utilisateurs de Nostr, fonctionnent comme des serveurs qui reçoivent, stockent et diffusent les messages vers les autres clients connectés. Nostr étant décentralisé, chaque client peut se connecter à plusieurs relays pour réduire le risque de perte de données.

Si tous les relays auxquels un utilisateur est connecté deviennent inaccessibles, ses messages ne peuvent plus être récupérés. C'est pourquoi il est important de se connecter à plusieurs relays, voire de faire tourner le sien, pour garantir une meilleure disponibilité et une plus forte résistance à la censure.

Schéma du fonctionnement du réseau Nostr
Schéma du fonctionnement du réseau Nostr

Les clients Nostr

Les clients Nostr sont les applications qui permettent aux utilisateurs d'interagir avec le protocole. Ils peuvent prendre la forme d'applications web, mobiles ou de bureau. Leur rôle est de récupérer les données des relays et d'envoyer les nouveaux messages pour qu'ils soient diffusés sur ces relays.

Chaque client Nostr offre une expérience différente. Parmi les plus connus, certains imitent le réseau social X, comme :

  • Primal, disponible sur tous les appareils ;
  • Iris et Snort, disponibles sur navigateur web ;
  • Damus et Nostur, disponibles sur iOS ;
  • Amethyst et Iris, disponibles sur Android.

De nombreux autres clients proposent toutefois des expériences différentes :

  • Habla et Highlighter, dédiés aux formats longs, à la manière du réseau social Medium ;
  • Zap Stream, dédié aux diffusions en direct, à la manière de Twitch ;
  • Tunestr, dédié à la musique en direct ;
  • Fountain, dédié à la diffusion de podcasts, dont ceux de Cryptoast ;
  • Wavelake, dédié au streaming musical, comme Spotify.

Un utilisateur peut donc changer de client, voire en utiliser plusieurs en même temps. Tant que ces clients se connectent aux mêmes relays, son activité reste visible.

Il faut imaginer chaque client Nostr comme une fenêtre qui donne accès aux données qui circulent sur le réseau. Toutes les fenêtres sont tournées dans la même direction, mais elles ne montrent pas toutes les mêmes informations et ne les présentent pas de la même manière.

Voici la même publication vue par 2 clients différents. Le texte, l'image, le compte qui l'a publiée et l'heure de publication sont identiques, mais la façon d'afficher ces informations varie d'un client à l'autre.

La publication de Jack Dorsey sur Nostr vue sur Damus (à droite) et Primal (à gauche)
La publication de Jack Dorsey sur Nostr vue sur Damus (à droite) et Primal (à gauche)

Les événements Nostr

Sur Nostr, les événements (events) sont les objets qui structurent les échanges sur le réseau. Chaque événement est associé à un type précis, qui détermine sa fonction.

Le type 1 correspond par exemple à une note textuelle, comparable à un tweet sur X, tandis que le type 0 concerne les métadonnées, comme le nom d'un utilisateur ou sa photo de profil. Chaque événement contient des informations comme une signature cryptographique, qui garantit son authenticité.

Les événements sont transmis et stockés par les relays, qui peuvent traiter chaque type d'événement différemment. Ils peuvent par exemple conserver plusieurs événements de type 1 tout en autorisant la mise à jour des événements de type 0.

Cette architecture permet d'utiliser les événements pour des cas d'usage variés, et de nouveaux types d'événements peuvent être créés via des sous-protocoles, ce qui garantit l'interopérabilité et la compatibilité avec les nombreux clients existants.

Les NIP

À l'image des Bitcoin Lightning Improvement Proposals (bLIP) pour le Lightning Network, les Nostr Implementation Proposals (NIP) sont des propositions faites par les utilisateurs pour ajouter des fonctionnalités et améliorer le protocole Nostr.

Plutôt que de laisser chaque développeur créer sa propre solution, les NIP coordonnent aussi l'adoption de standards communs, ce qui facilite la compatibilité des informations entre les clients Nostr. Tout le monde peut proposer ou commenter un NIP, ce qui garantit une évolution collaborative et décentralisée de Nostr.

Les clés

Chaque compte Nostr repose sur une paire de clés publique et privée, comme les portefeuilles Bitcoin.

La clé publique, qui commence par « npub1 », sert d'identifiant visible par tous. La clé privée, qui commence par « nsec1 », fait office de mot de passe sécurisé, à la manière de la seed phrase des portefeuilles de cryptomonnaies.

Les réseaux sociaux classiques face à Nostr
Illustration de @KanutoTakumi

Contrairement à un mot de passe, une clé privée ne peut pas être réinitialisée en cas de perte. Il est donc crucial de la protéger, idéalement dans un gestionnaire de mots de passe ou via une extension de navigateur comme Alby. Elle peut aussi être stockée par l'application elle-même, comme un hot wallet sur mobile.

Cette clé privée incarne la souveraineté de votre identité sur Nostr. Si vous ne la possédez pas, ou si un tiers la détient pour vous, vous ne pourrez pas profiter pleinement de la résistance à la censure qu'offre le réseau.

Comme dans l'univers des cryptomonnaies, où l'on dit « Not your keys, not your crypto », sur Nostr, si ce n'est pas votre clé privée, ce n'est pas votre identité.

Les zaps

Nostr peut aussi servir de porte d'entrée vers le Lightning Network de Bitcoin. Les clients Nostr s'appuient en effet sur ce réseau et sur sa grande scalabilité pour proposer des zaps, des microtransactions utilisées comme des super likes ou des pourboires sur une publication, qui consistent à envoyer des satoshis, la plus petite unité du bitcoin.

Introduits par le NIP-57, les zaps permettent aux utilisateurs de soutenir des créateurs de contenu ou des services en leur envoyant des bitcoins en quelques clics.

En plus de contribuer à la popularisation de Bitcoin, les zaps rendent possible un modèle économique différent de celui des réseaux sociaux traditionnels, qui reposent avant tout sur la publicité.

Qui développe Nostr ?

Le protocole Nostr a été créé en 2020 par un développeur pseudonyme connu sous le nom de Fiatjaf, dans le but d'offrir une alternative décentralisée aux réseaux sociaux comme X.

Parmi les principaux développeurs et contributeurs, on trouve :

  • William Casarin, développeur du client Nostr Damus. Il est aussi le créateur des zaps décrits plus haut ;
  • Martti Malmi, le développeur qui a aidé Satoshi Nakamoto à créer et à maintenir le site Bitcoin.org, et qui contribue aujourd'hui au développement de Nostr ;
  • Miljan Braticevic, fondateur du client Nostr Primal ;
  • derGigi, un développeur Bitcoin désormais très actif sur Nostr. Il considère cette plateforme comme un prolongement naturel de la liberté qu'offre Bitcoin et publie de nombreux articles de blog sur le sujet.

De nombreux autres développeurs travaillent sur Nostr, si bien qu'il est impossible de tous les citer. Il faut aussi mentionner l'implication de l'organisation OpenSats, qui soutient activement le financement de projets open source comme Bitcoin Core, Tor, Cashu, GrapheneOS et, bien sûr, Nostr.

Comment utiliser Nostr et y contribuer ?

La meilleure façon de garantir une participation et une liberté d'expression maximales sur Nostr est de faire tourner son propre relay. En gérant un relay personnel, vous conservez une copie permanente de toutes vos publications et de toutes vos interactions, qui deviennent ainsi impossibles à censurer.

Cette approche est idéale pour ceux qui ont des compétences techniques et veulent contribuer à la décentralisation du réseau Nostr, ou même pour des débutants équipés d'un serveur Umbrel, par exemple. Il existe aussi d'autres façons de soutenir Nostr, comme contribuer à des projets, faire des retours ou promouvoir l'usage du réseau au quotidien.

Pour ceux qui veulent simplement utiliser Nostr et profiter de ses avantages, le plus simple est de commencer avec le client Primal, l'un des plus utilisés et des plus faciles à prendre en main.

De la même manière qu'un client Nostr peut choisir de ne pas diffuser toutes les données du réseau, le compte Nostr de Cryptoast ne partagera aucune information sur les cryptomonnaies autres que Bitcoin.

Quel avenir pour le protocole Nostr ?

Nostr est un protocole très jeune, qui n'a que 2 ans. En comparaison, son développement correspond à celui de Bitcoin il y a 10 ans, avec moins de scalabilité, de sécurité et d'adoption.

Plusieurs types d'attaques contre le réseau sont envisageables, notamment :

  • L'attaque par spam : des attaquants pourraient envoyer massivement des événements vides ou sans intérêt (types 6 et 7) pour saturer les relays, ce qui surchargerait les relays et le réseau. Des mesures comme la limitation du débit (rate limiting) ou la tarification des relays peuvent freiner ces abus ;
  • L'attaque Sybil : des attaquants pourraient créer de nombreux faux comptes pour manipuler le réseau, par exemple en générant artificiellement des abonnés ou des interactions, en profitant de la facilité avec laquelle on peut créer plusieurs identités sur Nostr.

Le principal défaut actuel de Nostr reste par ailleurs son manque de confidentialité. Sur Nostr, la confidentialité repose principalement sur l'utilisation de paires de clés publiques et privées pour l'authentification et la signature des messages. Grâce à cette cryptographie, les utilisateurs gardent le contrôle de leurs propres données.

Les messages privés sur Nostr manquent toutefois de confidentialité. Leur contenu est chiffré, mais les métadonnées, comme la source et la destination des messages, leur longueur et leur heure d'envoi, restent en clair.

Ces failles, comme le manque de confidentialité, ne sont cependant pas propres à Nostr et pourraient être corrigées à l'avenir grâce à de nouveaux NIP. Pour l'instant, les efforts du réseau portent sur la facilité d'utilisation et sur la stabilité des relays et de leurs échanges.

Une fois arrivé à maturité, Nostr pourrait aussi profiter à Bitcoin en facilitant l'échange de codes de paiement (BIP47), ainsi que la coordination des transactions PayJoin et CoinJoin, ce qui améliorerait la confidentialité des transactions Bitcoin.

Pour toutes ces raisons, le protocole Nostr connaît une forte adoption au sein de la communauté Bitcoin, particulièrement sensible aux idées et aux valeurs défendues par les Cypherpunks depuis les années 1990.

Au moment de la rédaction de cet article, Nostr compte environ 40 000 utilisateurs actifs, dont Jack Dorsey, bitcoiner de longue date et fondateur de Twitter. Actif sur Nostr, il a fait un don initial de 14 BTC à Fiatjaf et aide à financer des conférences consacrées au protocole, comme NostrAsia, NostRica et NostRiga.

Jack Dorsey et ODELL à NostRiga 2024
Jack Dorsey et ODELL à NostRiga 2024

Le lanceur d'alerte Edward Snowden, ancien employé de la CIA et sous-traitant de la NSA, est lui aussi présent sur Nostr. Ses moyens d'expression ont été censurés après qu'il a révélé, en 2013, les programmes de surveillance de masse menés par le gouvernement américain.

L'implication de tant d'utilisateurs, dont des personnalités aussi connues et aussi attachées à la résistance à la censure, montre le potentiel de Nostr, alors qu'il n'en est qu'à ses premières années de développement. Son architecture et sa communauté pourraient lui permettre de devenir, aux côtés de Bitcoin, le socle d'un Internet réellement décentralisé.

Cet article a d'abord été publié en français sur Cryptoast le 4 février 2025.